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Bakoly Razakanavolana

  • PROGRESSION

    Situation stable pour ces deux dernières années avec un chiffre d'affaires annuel estimé à 2 millions d'euros. La croissance devrait être de 10% en 2013.

  • INNOVATION

    Manda dispose de nombreux agréments pour l'exportation de ses produits. Elle a pu réaliser une usine aux normes européennes et acquérir des matériels roulants frigorifiques. Elle apporte un appui, notamment en formation, aux pêcheurs pour qu'ils soient plus professionnels et respectent les normes.

  • DYNAMISME À L'EXTÉRIEUR

    Manda exporte 90% de ses produits dans la région, en Europe et en Asie : Afrique du Sud, Maurice, La Réunion, Allemagne, France, Chine, Corée du Sud, Japon et Singapour.

  • ENGAGEMENT CITOYEN

    Aux petits soins pour ses 96 employés directs (avec 120 enfants), Bakoly Razakanavalona apporte aussi son aide aux familles démunies du quartier ainsi qu'aux milliers de familles pêcheurs qu'elle fait vivre, sous forme de dons, de jouets pour les enfants, de vivres et de vêtements. Par ailleurs, son entreprise respecte l'environnement en étant soumise aux normes européennes.

SE DISTINGUE DANS LE SECTEUR HALIEUTIQUE

Toujours aller de l'avant, tel est le maître mot qui régit le parcours de cette femme entrepreneur depuis une vingtaine d'années. Et elle a réussi à se tourner vers l'export où elle réalise le plus gros de son activité.

Ce n'est pas par hasard que Bakoly Razakanavalona a choisi les ressources halieutiques comme secteur d'activité. Plutôt une tradition familiale car elle issue d'une lignée de pêcheurs du côté maternel. Et bien qu'elle ait décidé à la fin des années 80d'étudier les sciences naturelles, le domaine de son père, qui fut laborantin à l'université d'Ankatso, elle a dû y renoncer faute de moyens financiers et s'est lancée dans la vie professionnelle. Elle commence comme secrétaire, puis attachée commerciale et attachée de direction au sein d'une société d'exportation de fruits de mers. En 1993, elle la quitte pour devenir chef de production chez Sicocéan, toujours dans ce secteur .Au bout de deux ans, à l'issue d'un commun accord avec ses employeurs, forte de ses relations professionnelle et de son expérience, elle lance sa petite poissonnerie dénommée Manda, prénom de l'ainée de ses filles. Des débuts modestes dans le quartier de 67 Hectares, à Tananarive, avec un emprunt bancaire de 10 millions d'ariary (3 500 euros), l'appui de son ancien employeur pour l'acquisition de matériels et pour l'approvisionnement en produits, ainsi qu'une vente exclusivement concentrée sur le marché local. Mais l'expansion n'a pas tardé et s'est accélérée au fil des ans. Après seulement une année d'exploitation, Manda commence à se tourner vers l'exportation, d'autant plus qu'elle a obtenu son agrément pour l'île Maurice. En 2000, la société change de forme juridique pour devenir une SARL, ouvre douze points de vente dans la capitale et, dans la foulée, obtient l'agrément officiel pour exporter sur tout le territoire régional ainsi que sur le marché asiatique.

UNE USINE AUX NORMES EUROPÉENNES

En 2007, Bakoly Razakanavalona se lance à la conquête du marché européen. Pour y parvenir, le projet « Manda II »consiste en l'établissement d'une usine aux normes européennes, l'achat de camions frigorifiques, de matériels de conservation et de traitement des produits halieutiques, avec le soutien de deux sociétés financière qui lui accordent un financement d'un million d'euros. Résultat des courses, en dix-huit années d'existence, Manda exporte aujourd'hui 90% de ses produits en Allemagne, en France, en Corée du sud, en Chine, à l'île Maurice et à La Réunion.

Femme de défi au tempérament gagnant, ayant été élue par l'IFC (International Finance Corporation – groupe Banque Mondiale) en 2005 pour représenter le pays au Women's Forum et gagnante du trophée Capexport 2013, Bakoly Razakanavalona mène sa barque « Manda » sur les eaux parfois tumultueuses du secteur halieutique. « Mon parcours n'a pas toujours été un long fleuve tranquille, mais il faut toujours aller de l'avant, quels que soient les obstacles qu'on rencontre sur son chemin. » En 1999, pour faire face à l'embargo sur les crevettes, elle a dû revoir sa stratégie en se concentrant sur le marché local et en promouvant les autres produits à l'export. En 2002, alors que les barrages routiers menacent son activité en mettant à mal la collecte et l'acheminement des produits, elle utilise des pirogues et emprunt d'autres voies de communication comme le canal des Pangalanes. La parfaite illustration de sa combattivité est sûrement la période 2008-2009 durant laquelle elle se fait une place sur le marché européen. « Il a fallu mettre en place le label et fidéliser les clients, satisfaire les exigences et les normes requises. En plus, nous avons commis des erreurs d'estimations financières. Aujourd'hui, la situation est très bien maitrisée et nous avons dix à douze bons de commandes à satisfaire jusqu'au mois de décembre. » Un gros travail qui ne l'empêche pas d'avoir d'autres activités professionnelles et associatives et d'accorder du temps à sa vie de famille.

UN FORT POTENTIEL AVEC 5 000 KILOMÈTRES DE CÔTES

Outre Manda, qui se développe en partenariat avec l'investisseur Britannique Stratmin Global Resources Plc, elle préside Graph-Mada Sarl depuis 2005, une grosse société minière spécialisée dans l'exploitation du graphite à Brickaville. Elle préside aussi le Groupement des exportateurs des produits de mer (Gexpromer), en plus d'être attachée non permanente au ministère de la Pêche.

L'avenir de son groupe, elle l'entrevoit avec sérénité, confiante dans son potentiel de développement. Avec une demande qui se révèle largement supérieure à l'offre, 5000 kilomètres de côtes recelant de nombreuses zones sous exploitées, une capacité de production qui est encore loin d'atteindre son optimum, il reste beaucoup à faire. Elle est actuellement entrain de négocier, avec ses investisseurs, la mise en place du projet « Manda III ». Un projet qui comprend l'extension de l'usine, afin de pouvoir y aménager un séchoir et un fumoir pour la production de poissons séchés et fumés, la création d'une pisciculture pour l'élevage des tilapias, l'achat de nouveaux matériels, comme des pirogues et vedettes motorisées pour accélérer la collecte et garantir plus de fraîcheur aux produits, et enfin le renouvellement du packaging.

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